Article sur les Habitats Jeunes Le Levain et Jacques Ellul dans le journal Sud-Ouest du lundi 21 septembre 2009 au sujet de l'accueil des jeunes apprentis soutenu par le Conseil Régional Aquitaine.La question du logement des étudiants revient régulièrement dans l'actualité à cette époque de l'année. On ne parle pourtant jamais d'une catégorie encore plus mal lotie que les jeunes à l'université : les apprentis en alternance, et particulièrement les mineurs. "Quand on a 16 ans, qu'on arrive d'une petite ville ou d'un village, qu'on découvre la grande ville et qu'il faut aller à Bordeaux à Lormont ou Artigues pour préparer un CAP ou un BEP, c'est une épreuve qui peut être très lourde. J'ai vu des jeunes filles en pleurs à leur arrivée chez nous", raconte Isabelle Garcia, directrice de la résidence des jeunes travailleuses Le Levain, rue Paul Louis Lande à Bordeaux.
30 % de renoncementLe choc est d'autant plus brutal que ces jeunes garçons et filles, à peine sortis de la troisième, voire de la quatrième, ne résident que provisoirement à Bordeaux : une semaine par mois avant de repartir travailler ailleurs. Ils n'ont le plus souvent qu'un temps réduit pour s'organiser avec des admissions accordées dans les jours qui précèdent leur arrivée.
Comme ils ne disposent que de peu d'informations (et leurs parents pas davantage), comme l'internat en CFA est l'exeption, les solutions se limitent souvent à l'hôtel, voire l'auberge de jeunesse, a condition que ces établissements acceptent les mineurs.
"Ce problème est une cause majeure du taux de rupture élevé de l'apprentissage (30%), et c'est pourquoi le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a fait appel à projet, auquel nous avons répondu", poursuit Anne-Marie Girardeau, directrice de la résidence des jeunes travailleurs Jacques-Ellul, rue Jean Descas à Bordeaux.
Seize places sont disponibles à Jacques-Ellul (1) et 7 au Levain (2), ce qui est évidemment peu, puisque ces établissements doivent aussi accueillir des jeunes travailleurs majeurs.
"On estime à 600 le nombre de places d'hébergement pour les jeunes dans l'agglomération alors que ceux-ci sont 135 000 en tout. Nous sommes très en retard par rapport à une ville comme Nantes qui offre 800 places aux jeunes travailleurs, contre 280 à Bordeaux et 250 à Pau", précise Julie Broner, chargée du dossier hébergement à la Région, qui a mené une enquête sur cette question.
"Du fait de la rotation qu'engendre le système des études en alternance, nous pouvons aller jusqu'à 64 places par mois à Ellul et 28 au Levain", ajoute Anne-Marie Girardeau.
La plupart des logements sont à deux lits, ce qui favorise l'intégration des jeunes. Car l'objectif est aussi qu'ils se sentent à leur aise dans ce nouvel environnement : "L'accompagnement est quelque chose d'essentiel, nous présentons un projet socio-éducatif pour qu'ils puissent se distraire le soir puisqu'ils ne peuvent pas se promener dans les rues", indique Isabelle Garcia.
76 euros par moisPour prétendre occuper ces logements meublés avec kitchenette ou cuisine à l'étage, cinq petits-déjeuners et deux repas du soir, le tarif hebdomadaire est de 101,59 euros dont 25 euros d'aide apportés par le Conseil Régional, qui finance l'aide à la mobilité (à la personne plutôt qu'au kilomètre, y compris aux non-Aquitains), si bien qu'il ne reste plus à débourser que 76,59 euros par semaine, animations sportives et culturelles comprises.
"Avec ces propositions, nous espérons dissuader les jeunes de faire les allers-retours en train chez eux ; ce qui allonge considérablement leur journée", conclut Isabelle Garcia.
(1) Tél. 05 56 48 70 30. (2) Tél. 05 56 33 66 66.
Auteur : HERVÉ MATHURIN
h.mathurin@sudouest.com